Le championnat universitaire de basket américain regorge de belles histoires et d’épopées légendaires. De nombreuses formations ont contribué à écrire la légende de la NCAA. Parmi elles, une équipe est quelque peu sortie des sentiers battus. Cette équipe, c’est celle des Runnin’ Rebels d’UNLV du début des années 90. Rarement une formation aura à ce point marqué le championnat, autant sur qu’en dehors des parquets. Avec une ribambelle de jeunes joueurs bourrés de talent, UNLV a rapidement imposé un style de jeu dévastateur, basé avant tout sur le jeu rapide et l’explosivité.

Stacey Augmon et Larry Johnson l'avaient annoncé...

Stacey Augmon et Larry Johnson l’avaient annoncé…

Star de l’époque, Larry Johnson est encore considéré aujourd’hui comme un des joueurs les plus dominant de l’histoire de la NCAA. A ses cotés, on retrouve notamment Greg Anthony et Stacey Augmon. Ajouter Anderson Hunt et Georges Ackels et vous obtenez un fantastique cinq majeur. Des joueurs aux jambes de feu qui ont enflammé tous les parquets des Etats-Unis durant deux saisons (90-91). Mais si les pensionnaires du Nevada sont quasi irréprochables dans le jeu, à l’extérieur des parquets, l’histoire est tout autre.

Pointé du doigt par les dirigeants du basket universitaire, le « programme » d’UNLV et de son coach Jerry Tarkanian est fortement décrié. On accuse la fac et l’entraîneur en les soupçonnant d’être impliqués dans des magouilles financières douteuses. En parallèle, les joueurs sont également coupables de mauvais comportements lors de déplacements et les suspensions commencent à tomber. Mais tout ce remue ménage n’empêche pas les Runnin Rebels de continuer à gagner leurs matchs grâce notamment à l’impressionnante puissance qu’ils dégagent.

Une bande de joyeux lurons pas toujours irréprochables...

Une bande de joyeux lurons pas toujours irréprochables…

Après une grosse frayeur en demi-finale régionale face à Ball St (victoire 69-67), UNLV se qualifie aisément pour le Final Four 90. Les coéquipiers de Larry Johnson se débarrassent de Georgia Tech (91-80) en demi. En finale, ils sont opposés à Duke. Cette confrontation est traitée par les médias de façon caricaturale. Avec ses joueurs bien sous tout rapport, disciplinés et réservés, Duke est le contraire absolue de ce que dégage son adversaire. Certains observateurs iront jusqu’à comparer cette rencontre à un combat entre le bien et le mal… Faisant fi de ses déclarations racoleuses, les Rebels attaquent le match pied au plancher. Ils étouffent littéralement Christian Laettner et sa bande. Incapable de stopper l’infernale machine venue du Désert, Duke sombre au fil des minutes. Réalisant le match parfait, UNLV l’emporte 103-73 (le match en vidéo). Cet écart de trente points est encore aujourd’hui le plus gros écart jamais enregistré pour une finale universitaire.

Le titre de champion est fêté par toute la ville de Las Vegas. Avec un effectif quasi inchangé pour la nouvelle saison (90-91) qui s’annonce, les Rebels font figure de légitime favoris. Ce statut, les hommes du regretté Jerry Tarkanian vont faire bien plus que l’assumer. Au terme d’une saison régulière vierge de toute défaite (27 victoires), ils attaquent la « march madness » sur le même tempo. Logiquement qualifiés pour leur deuxième final four consécutif, les Rebels tombent sur Duke en demi-finale. La revanche de la saison passée va tourner au cauchemar pour UNLV. Muselés en attaque, Johnson et Augmon déjouent complètement et réalisent leur pire match de l’année (8/20 aux shoots cumulé pour les deux joueurs).

Bobby Hurley face à Greg Anthony lors de la 1/2 finale de 91

Bobby Hurley face à Greg Anthony

Malgré cela, la rencontre est ultra serrée. Mais un coup de sifflet discutable sur une faute offensive de Greg Anthony, sa cinquième, va décider de la fin de rencontre. Sans leur chef d’orchestre, les Rebels sont incapables de gérer les dernières possessions et laissent filer leur seul match de l’année 77-79 ( le match en vidéo). Ce match, ce n’est pas Duke qui l’a gagné mais plutôt UNLV qui l’a perdu…

Ce cruel échec ne laisse pas moins nombre d’observateurs admiratifs de la saison historique que vient de boucler la fac du Nevada. Avec un bilan de 34-1, des cartons offensifs à la pelle, UNLV a marqué les esprits à jamais. Aujourd’hui encore, cette équipe est considérée par les spécialistes comme une des meilleures de l’histoire.

Les stats des joueurs de UNLV saison 1990-1991 :

Larry Johnson       F   SR    22.7  10.9   3.0
Anderson Hunt      G   JR    17.2   1.6   2.7
Stacey Augmon     F   SR    16.5   7.3   3.6
Greg Anthony        G   JR    11.6   2.5   8.9
George Ackles       C   SR     8.2   5.7   0.8
Evric Gray              F   SO    6.8   3.7   1.4
Elmore Spencer     C   JR     6.4   4.0   1.2
Travis Bice             G   JR     4.7   0.6   0.7
Melvin Love            C   JR     2.5   1.8   0.0
H Waldman            G   FR    2.1   1.0   2.3

Plusieurs reportages ont été réalisés sur la formidable aventure de cette formation. L’un d’entre eux est avec la participation des premiers concernés (Larry Johnson, Greg Anthony, Jerry Tarkanian…). Il se décompose en six épisodes, voici le premier :

De son coté la chaîne HBO a réalisé un magnifique documentaire sur les Runnin Rebels avec le plus gros du reportage sur les deux saisons 1990-1991 dont voici le trailer :