Poker, Gambling & Basketball

Poker basketballL’affaire avait fait grand bruit. Nous sommes en 1992. Les Chicago Bulls viennent de remporter leur deuxième titre consécutif face aux Trailblazers. Dans la banlieue de Chicago, un dealer bien connu des services de police, James « Slim » Bouler, se fait arrêter avec en sa possession un chèque de 57.000$ portant la signature d’un certain Michael Jordan. Questionné par la police locale, la star des Bulls déclare dans un premier temps que la somme concerne le business. Mais face aux multiples questions des forces de l’ordre, il doit se rendre à l’évidence et avoue que le chèque est en réalité une dette de jeu. Jordan remboursait juste l’argent qu’il venait de perdre en un week-end de poker…

Une nouvelle preuve qui ne faisait que confirmer les rumeurs de plus en plus persistantes sur une certaine addiction au jeu de MJ. Car cet épisode est loin d’être un cas isolé durant la riche carrière du joueur. A plusieurs reprises, sa dépendance aux jeux en tout genre éclata au grand jour. De part sa notoriété et son aura, His Airness échappa plus d’une fois à la parution publique de ses écarts.

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Combien de dollars pour ce putt réussi ?

Passionné de golf, il ne pouvait s’empêcher de parier (très) gros lors de longues parties sur les greens. En 1993, Richard Esquinas, un richissime homme d’affaire de San Diego sorti un livre polémique (Michael and Me: Our Gambling Addiction…My Cry for Help) dans lequel il révéla notamment avoir pris plus d’un million de dollars au dieu du basket. Autre fait, Jordan fut aperçu la même année jouant au Baccarat dans un casino d’Atlantic City, quelques heures seulement avant le match 2 des finales de conférence. Lors des finales 98, il aurait effectué quelques allers retours en jet privé pour Las Vegas alors que ses Bulls jouaient à Utah. Autre écho croustillant révélé dans l’excellent documentaire consacré aux 20 ans de l’inoubliable Dream-Team, Jordan faisait parti d’un petit groupe de joueurs qui se réunissaient quasiment tous les soirs dans une chambre de leur luxueux hôtel lors de leur passage à Monaco, afin de disputer des « parties de cartes » qui duraient jusqu’au petit matin.

Jordan poker

Pas de table ? Pas grave, on joue par terre Scottie…

Mais l’anecdote la plus significative de l’addiction maladive d’MJ reste sûrement cette scène à l’aéroport de Portland rapportée par Bill Simmons, journaliste pour la chaîne ESPN. Alors que les Bulls attendent leurs bagages, Jordan lance le pari que sa valise sortira en premier sur le tapis roulant. Neuf de ses coéquipiers acceptent le pari. Et surprise, la valise du maître sort avant celles de ses partenaires. Sourire aux lèvres, Jordan récolte les quelques billets verts gagnés. Ce que ses victimes du jour ne savent pas forcément, c’est qu’avant de proposer le pari, MJ avait « soudoyé » un bagagiste de l’aéroport… Tout cela pour dire qu’avant l’aspect pécunier, c’est avant tout la fièvre du gambling en tout genre et une rage de vaincre de chaque instant qui caractérise l’homme et le joueur.

1993, Une mise à l’écart forcée ?

Cette addiction est devenu tellement problématique que certaines rumeurs les plus folles maintiennent encore aujourd’hui que la principale raison de son premier départ à la retraite (93) fut avant tout cette maladie du jeu. D’après les conspirateurs, la patron de la NBA David Stern, mis au courant de l’addiction maladive de « son » meilleur joueur et des (trop) nombreuses affaires l’impliquant, serait intervenu personnellement pour que Jordan prenne des « congés forcées »…

Si Jordan reste un must, le meilleur basketteur de l’histoire est cependant loin d’être un cas isolé. Beaucoup de joueurs NBA sont de vrais joueurs tout court. Nombreux sont ceux, et pas des moins célèbres, à laisser des fortunes sur les tapis verts et autres casinos. Bien sur, le plus souvent, de part leur statut et leur réputation, il est difficile de connaître jusqu’où cette passion pour le jeu peut les mener.

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Le gros Charles a souvent un petit tapis…

En 2006, une autre grande star de la ligue US a publiquement reconnu son problème d’addiction. Il s’agit ni plus ni moins de Charles Barkley, ami très proche de Jordan (tiens, tiens…). Le MVP 93 a reconnu avoir laissé plusieurs millions aux casinos de Las Vegas. Et quand on lui demanda s’il avait bien un « problème » avec le jeu, voici ce qu’il répondit :

« Si j’ai un problème avec le jeu ? Oui, j’ai un problème,mais je ne considère pas ça comme un réel problème, parce que je peux me permettre de jouer… »

Comprenez ici, qu’avec les dizaines de millions de dollars gagnés lors de sa carrière, Sir Charles, qui n’a jamais la langue dans sa poche, a les moyens de perdre gros. C’est d’ailleurs le problème numéro un de ses nombreux joueurs plongés dans l’addiction. On pourrait citer plusieurs exemples qui laissent froid dans le dos. Prenons tout d’abord le cas de deux anciens all-stars. Qui ne connaît pas Allen Iverson ? Ce génie de « petit » joueur, MVP NBA en 2001, quatre fois meilleur marqueur du championnat, qui a gagné près de 100 millions de dollars durant sa carrière, est aujourd’hui quasiment ruiné. La faute en grande partie à des gestions plus que douteuses de sa fortune et une fréquentation assidue des casinos. En 2009, il fut même interdit d’entrée dans différents établissements de jeu du Michigan, la faute a un comportement inapproprié envers les croupiers, après avoir perdu des sommes démesurées.

Iverson poker

Iverson ne peut pas être aussi bon sur les tapis que sur les parquets…

Autre triste exemple, celui d’Antoine Walker, 110 millions de $ de gains en carrière (!), aujourd’hui complètement ruiné. L’ancienne star des Celtics, qui a récemment expliqué que les principales raisons de sa déchéance financière venaient en grande partie de placements douteux et de la crise de 2007, n’en reste pas moins également célèbre pour son goût immodéré pour le gambling. Connu pour participer à ses débuts à des parties de poker à 15.000$ la cave avec un certain Michael Jordan (encore lui), Walker fut également accusé en 2009 d’avoir remis des chèques sans provision à trois casinos de Vegas pour un total de 822,500 $ (lire la news ici).

Une gifle en plein match pour une dette de jeu

On pourrait citer beaucoup d’autres exemples qui démontrent bien que bon nombre de joueurs NBA ont une forte attirance pour le jeu et les paris en tout genre. Anecdote amusante, cette gifle adressée à Tyrone Hill en match de pré-saison (2000) par Charles Oakley, ancien coéquipier et ami très proche de Jordan (encore et toujours…). La raison de ce geste ? Elle est simple, Oakley expliqua dès la fin de la rencontre qu’il n’aimait pas ceux qui ne réglaient pas leurs dettes de jeu. En l’occurrence il s’agissait ici de 54.000$ gagnés lors d’une partie de dés.  Dernier exemple en date qui fit les choux gras de la presse US, l’affaire concernant Gilbert Arenas. Encore une fois, les dettes de jeu sont au coeur d’une querelle qui vit l’ancienne star des Whasington Wizzards arriver un jour avec une arme à feu dans les vestiaires, histoire de faire comprendre à son coéquipier impliqué qu’il comptait bien récupérer son du.

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Vince et Dik ont trouvé de quoi s’occuper durant les longues heures de vol

Aujourd’hui, la relation des joueurs de basket avec le « gambling » est belle et bien avérée. L’explosion médiatique du poker au milieu des années 2000 n’a fait que renforcer ce lien parfois dangereux. On ne compte plus les parties endiablées à gros buy-in (la mise de départ) que se disputent tous les joueurs lors de leurs longs déplacements à bord de leurs avions privés. Certaines franchises, après l’affaire Arenas, ont même instauré des règles visant à interdire les parties dans les airs. Il faut dire que toutes ces stars ont un point commun et pas des moindres qui leur permet d’assouvir leur soif de jeu : l’argent ! Quasiment tous sont multi-millionnaires…

Avec la démocratisation du poker, nombreux sont ceux qui ne cachent plus leur nouvelle passion. C’est ainsi que l’on peut voir Paul Pierce ou encore Shawn Marion disputer depuis plusieurs saisons le main-event et d’autres tournois lors des championnats du monde de poker à Las Vegas. Exemple le plus frappant, Tony Parker est un véritable mordu des tapis vert. Le meneur des Spurs organise régulièrement des parties et est même devenu un des ambassadeurs du site Betclic Poker. Et TP est loin d’être le seul frenchy a avoir succombé aux charmes des cartes… Cette fièvre a gagné l’europe et donc forcément notre championnat de France. Les parties endiablées de la bonne vieille belote ou du légendaire tarot ont laissé place au Texas Hold’em lors des déplacements en bus ou en TGV.

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Tony Parker, aussi à l’aise ballon en main qu’avec des jetons…

Devenu « monnaie » courante dans les discussions entre joueurs, le gambling est quotidiennement présent dans le rythme de vie des basketteurs. Encore loin des paris invraisemblables réservés aux cerveaux déjantés de certains champions de poker, les professionnels de la grosse balle orange ne sont jamais à court d’idée une fois l’entraînement terminé. Les shoots improbables qui font le buzz sur la toile sont souvent au coeur de paris lancés entre joueurs de manière toujours officieuse bien sur.

Paul Pierce

Paul Pierce futur Pro ?

Aujourd’hui, la transition entre les terrains de sport et les tapis verts se fait de plus en plus souvent et de plus en plus naturellement. Pourvoyeur de grands nombres d’adeptes de poker, le Tennis est sûrement le sport qui fournit le plus de nouveaux joueurs au poker. Mais on peut penser que d’ici peu, il ne serait pas étonnant d’apprendre qu’un ex adepte des parquets a choisi de se consacrer au maniement des jetons et à l’abattement des cartes… on pari ?